Extrait du journal LIBERATION du 13 juillet 2026 Article écrit par Mathilde FRENOIS Journaliste
"Lucie Lemaire a refermé le chapitre de la thérapie il y a moins d'un an. Elle a suivi des séances d'EMDR
«J'avais besoin de reconnecter la gamine de 14 ans et celle de 23 ans. Ça fait du bien d'aller la voir et de dire : "Tout va bien, tu n'es plus en danger, tu es en sécurité."»"
Elle raconte : "Les deux années qui suivent sont celles du déni. «Je me suis promis que je ne sortirais plus faire la fête. Dans ma tête de gamine, j'aurais mieux fait de ne pas aller au feu d'artifice. Ce sera le travail, le travail, le travail.» Elle dort mal, avec sa mère, et refait pipi au lit. La restauration dans la peau et dans les projets, elle intègre un lycée hôtelier. Son stage est à Paris.Le stress post-traumatique percute l'orée de sa vie professionnelle. «A l'internat, j'avais des reviviscences. Je faisais des cauchemars de l'attentat toutes les nuits : les personnes que j'aimais mouraient, j'étais la seule à survivre, et je culpabilisais. J'étais paralysée de peur et d'angoisse.» Le Samu l'emmène aux urgences de Lenval. Lucie Lemaire se jette à corps perdu dans la thérapie. «Je me sentais hyper en décalage avec les personnes de mon âge. Dans ma tête, j'avais failli mourir. Donc, je savais que je pouvais mourir à tout moment. C'est très compliqué de grandir avec ça.»


